Union de Quartier de l'Ile Verte
Commission Cadre de Vie

Entretien des arbres

Nous reproduisons ici, avec son autorisation, les textes envoyés par Jean-Claude Rebuffet de la Mairie de Grenoble concernant l'entretien des arbres, ainsi que les calendriers présisionnels.

9 novembre 2017

Petite chronique :
Au coeur de la réserve de biosphère de Yasuni dans l'ouest de l'Equateur, point chaud de la biodiversité et réserve ethnique des Waoranis, David G. Haskell a grimpé un kapokier = fromager, arbre majestueux émergeant au-dessus de la canopée. Le long du tronc et au sein du houppier il a rencontré des centaines d'espèces végétales épiphytes, orchidées, broméliacées, philodendrons des mousses qui poussent comme des algues filamenteuses en plein océan. Il faut dire qu'il pleut presque toutes les trois heures et qu'il tombe 3,5 mètres d'eau par an. Chaque broméliacée peut accumuler quatre litres dans les interstices à la base de ses feuilles : autant de minuscules mares où de reproduisent les grenouilles. Dans un hectare de forêt, les broméliacées épiphytes retiennent cinquante mille litres d'eau, volume concentré pour l'essentiel sur les branches des plus grands arbres. Les feuilles qui tombent s'accumulent sur les branches et dans les anfractuosités pendant des décennies, constituant un terreau favorable à l'enracinement d'autres arbres dans cette couronne, de plantes grimpantes, de fougères. La faune est également extrêmement riche, colibris, aras, tangaras, barbacous... une quarantaine d'espèces aviaires en quelques branches. Des abeilles, des fourmis, des moustiques, des serpents cohabitent dans une soupe aérienne de spores bactériennes et fongiques. La forêt regorge de champignons et de chenilles dont les plantes doivent se prémunir. Aussi elles sont riches en alcaloïdes et autres toxiques. Néanmoins, un seul hectare de forêt peut héberger soixante mille espèces d'insectes, ce qui représente un milliard d'individus, dont la moitié ne fait rien d'autre que manger les plantes et se reproduire. La diversité et l'abondance des champignons et bactéries n'ont pas été chiffrées mais elles sont tout aussi prodigieuses. La rareté d'une espèce végétale ou des substances de défense qu'elle synthétise constitue un atout pour se dérober à cette cohorte d'assaillants. Cela explique la diversité végétale.
Ces richesses de l'ouest de l'Amazonie, au Nord Est de la république de l'Equateur se superposent à d'énormes réserves pétrolières en sous-sol. En 2007, le président Corréa proposa à la communauté internationale de financer le développement économique durable du pays à hauteur de la moitié de la valeur du pétrole pour cesser son exploitation et l'aménagement de la forêt qui va de concert. Ce fut un échec. Pourtant, les réserves mondiales connues de combustibles fossiles sont trois fois plus importantes que la quantité que nous pourrions brûler sans dépasser la limite du réchauffement visée. En août 2013, le même président a donné des autorisations d'exploitation. De la cime des fromagers les torchères sont visibles et les engins de forage audibles. Les pistes d'accès lacèrent la forêt. Des colons occupent des bandes de 10 km de large de chaque côté de ces routes. Les Amérindiens Waorani sont donc contraints de traverser une zone de vingt kilomètres de large pour aller d'une partie à l'autre de la réserve. Cette route constitue ainsi un important facteur de fragmentation écologique.
Je vous invite à admirer sur internet les merveilleux Lepidothrix coronata et autres espèces rares et originales de cette réserve.
(Sources : « Ecoute l'arbre et la feuille » de David G. Haskell)
Voir le planning de taille des arbres de la semaine.

3 novembre 2017

Petite chronique :
Est-ce le froid qui endort les arbres ?
Nous avons évoqué pour la chute des feuilles le rôle de la longueur du jour, des gênes, des enzymes et des hormones. Au niveau physiologique de l'arbre dans sa globalité il y a trois sortes de vie ralentie, la dormance, la quiescence et la dominance apicale. La dormance survient avant l'apparition de conditions défavorables alors que la quiescence est une réponse directe à des conditions défavorables. La dominance apicale, indépendante du froid, est l'inhibition des bourgeons axillaires sous-jacents par un bourgeon apical.
L'arbre se prépare à la dormance dès la fin de l'été, élaborant des feuilles sans pétiole, atrophiées, très courtes et épaisses. Ce sont les écailles qui vont protéger les bourgeons du gel et de la dessiccation. Sous ces écailles, les cellules se divisent intensément pour préparer la pousse du printemps. La diminution de la durée du jour entraine la cessation de cette activité en même temps que la chute des feuilles. Si la baisse des températures est assez régulière et progressive, l'arbre s'endurcit en transformant l'amidon stocké en fin d'été en sucres solubles qui ont un pouvoir antigel. La quantité de froid accumulée au cours de l'hiver lève petit à petit la dormance. Sans froid, le débourrement de fruitiers qui nous sont communs comme le pommier et le pêcher s'avère difficile, ce qui empêche la culture de ces essences dans des régions sans hiver marqué. Dès le retour de la chaleur les bourgeons vont s'ouvrir, les fleurs printanières s'épanouir. Ainsi, des rameaux de pommier coupés en février et mis en vase à l'intérieur vont généreusement fleurir alors qu'il n'y a pas de signe de printemps à l'extérieur. C'est par ce que dehors les conditions ne sont pas favorables, aussi les arbres sont passés de la dormance à la quiescence. Il faudra attendre l'augmentation de la durée des jours et des températures pour que l'activité cellulaire reprenne et que les pousses préformées l'année précédente s'allongent et fassent éclater les bourgeons.
Le froid va également déclencher des phénomènes de vernalisation, processus par lequel certaines plantes acquièrent la capacité reproductive, de germination pour la graine ou de fleurissement. Une exposition durable au froid hivernal empêche l'expression d'un gêne bloquant la capacité de fleurir. C'est un tout autre phénomène bien connu des horticulteurs et agriculteurs, indispensable aux plantes bisannuelles et aux céréales d'hiver pour arriver à épiaison.
(Sources : l'arbre Au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
Voir le planning de taille des arbres de la semaine.

27 octobre 2017

J'hésite entre rédiger une chronique sur les arbres ou à évoquer le fleurissement de la ville.
En effet, hier étaient réunis dans le salon d'honneur de l'hôtel de ville plus d'une centaine de nos concitoyens pour célébrer l'embellissement et la végétalisation de la ville. Monsieur le Maire et les élues présentes ont pu constater la fierté et le plaisir de chacun d'oeuvrer à l'amélioration du cadre de vie de tous pour le rendre plus agréable. Quelques lauréats de ce concours des maisons et balcons fleuris nous ont fait part des échanges sociaux induits par ce fleurissement (participation à l'entretien et à l'arrosage des voisins notamment pour se relayer en période de vacances, conseils, photos...). Les membres des jardins partagés et vergers collectifs transpiraient, comme à l'accoutumé, leur passion pour ce jardinage urbain, social, fait d'échanges avec les scolaires et les passants. Il y avait Madame « Mandarine » fière de ses 92 ans mais aussi Elie très sage pour ses 57...jours et le doyen, notre poète Jean-Edouard MICHEL, fidèle entre tous depuis le premier concours qui avait fait la une de la presse quand à 93 ans il avait fait fuir un agresseur à coups de canne. Parmi les fidèles je dois également citer Mme FORONI, Présidente d'Union de Quartier qui dépense depuis de nombreuses années beaucoup d'énergie pour nous aider (membre du jury, distribution de bulletins d'inscription, incitation en assemblée générale et participation elle-même). L'ambiance, comme à l'accoutumé était très conviviale, j'oserai dire « fraternelle », oubliant pour un soir les soucis du quotidien. Cela a boosté mes collaborateurs, notamment ceux qui vivaient pour la première fois l'évènement. Je remercie les Présidentes, Présidents d'Union de Quartier et leurs représentants présents. Certains nous ont fait part de leur empêchement et de leurs regrets, je leur transmets notre soutient. Monsieur le Maire l'a fait, mais je remercie à nouveaux tous les représentants de vos Unions de Quartier qui ont participé au jury cet été.
Petite chronique :
À plusieurs reprises nous avons évoqué la chute des feuilles qui présente dans nos pays tempérés une évidente corrélation avec l'automne. Aussi, nous pourrions penser qu'elle est induite par le froid. Nous avons cette année un automne très clément et assistons à cette chute de feuilles que nos collègues du nettoiement des chaussées souhaiteraient voir rester sur les arbres de nombreuses années. Par contre, en cette période de diminution de luminosité, les habitants proches d'arbres touffus apprécient cette chute pour mieux bénéficier des rayons de soleil hivernaux. Ces changements de luminosité ou plutôt la diminution de la longueur du jour intervient directement dans la programmation de la chute des feuilles. C'est le contrôle photopériodique. À proximité des lampadaires les sujets perdent leurs feuilles plus tard que ceux qui en sont éloignés. Néanmoins ils les perdent. Le déterminisme de cette chute est également génétique. Dans les forêts tropicales sempervirentes sans modification de la longueur des jours, les arbres perdent leurs feuilles pendant un temps très court et de manière non simultanée. La chute des feuilles apparait de façon partielle au sein d'un même houppier. Des rameaux en pleine croissance peuvent côtoyer des branches défeuillées. C'est pourquoi ces forêts sont toujours vertes. Des gênes, des enzymes et des hormones végétales contrôlent la sénescence des feuilles et la différenciation du tissu fragile à la base de celles-ci appelé « zone d'abscision ». Ainsi différencié il facilite leur chute sous l'effet de leur poids et du vent.
(Sources : l'arbre Au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
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22 octobre 2017

Petite chronique :
Pourquoi, au nom de la propreté, ramasser les feuilles et les brindilles tombant au sol ? Leur retrait peut être justifié en ville au nom de la sécurité sur les surfaces minérales dures, où, mouillées, elles peuvent entrainer des chutes. Par contre on a tout intérêt à laisser les feuilles au pied des arbres. Le cycle des éléments minéraux, à savoir l'absorption racinaire, la synthèse de matières organiques et la minéralisation de la litière, passe par les feuilles. Ces dernières sont 40 fois plus riches en nutriments, notamment en phosphore, que les autres parties de l'arbre. Le fait de les ramasser est par conséquent une grosse perte pour l'activité biologique des sols et des plantes. A` Lyon, depuis plusieurs années une fête des feuilles est organisée pour sensibiliser le grand public sur l'intérêt de maintenir les feuilles dans les parcs et de limiter leur exportation. À Grenoble nous favorisons leur regroupement sous les arbustes et en pied d'arbres en " paillage " ou " mulch ". Outre la limitation des exportations que nous voulons réduire à zéro dans les parcs, cela favorise l'activité biologique des sols et ainsi facilite les échanges entre les arbres et les arbustes par champignons interposés. Par ailleurs, le désherbage s'en trouve limité et le dessèchement du sol est ralenti en été. On réduit trop souvent le sol à une fonction de support de la vie végétale et animale. En réalité, le sol avec son cortège végétal, animal et fongique, présente un fonctionnement analogue à celui d'un organisme vivant. Il respire (consommation d'oxygène), régule sa température, digère de la matière organique, fait circuler de l'eau et stocke des réserves. Il est le capital santé des arbres. Fragile, il doit être protégé.
Il y a des exceptions au maintien des feuilles sous les arbres. Les feuilles de fruitiers parasitées (cloque, tavelure) doivent être évacuées pour enrayer la propagation des maladies. En ville, les feuilles de marronniers attaqués par la mineuse (larve de papillon Cameraria ohridella) permettent aux larves d'hiverner au sol à l'abri. Un ramassage minutieux limite les dégâts la saison suivante.
(Sources : l'arbre Au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
Voir le planning de taille des arbres de la semaine.

15 octobre 2017

Petite chronique :
Les hybrides sont-t-ils toujours stériles? Affirmation courante en s'appuyant sur des exemples du monde animal. Aussi, certains affirment qu'il n'y a aucun danger pour qu'une espèce issue de l'agriculture biologique soit contaminée par une plante transgénique. On appelle cela « unité du vivant ». Erreur, dans ce domaine les végétaux se distinguent des animaux. Les hybridations végétales sont faciles, fréquentes et produisent des individus fertiles. Ente les quatre espèces de chêne caducifoliées (pédonculé, sessile, pubescent et tauzin), les croisements naturels sont si fréquents qu'il est difficile de trouver en forêt des individus non hybridés. Le tilleul de Crimée (Tillia x euchlora) est un croisement issu du croisement entre le tilleul à petite feuille et le tilleul du Caucase, Le tilleul commun (x europaea) est probablement issu de l'hybridation du tillia cordata (= tilleul des bois = tilleul à petites feuilles) et du tillia platyphyllos (= tilleul de Hollande), le cyprès de Leyland (x Cupressocyparis leylandii) est un croisement de Cupressus macrocarpa (= cyprès de Lambert) et Chamaecyparis nootkatensis (= cyprès de Nootka). Je ne vous donne pas tous les synonymes y compris en latin car la nomenclature évolue. Un grand exemple des villes, le pltane du Midi, platanus x acerifolia est issu du croisement entre le platanus orientalis originaire de l'Est de la méditerranée et de platanus occidentalis espèce américaine utilisée pour des croisements par l'Inra afin de créer un platane résistant au chancre coloré. Ce platane résistant a été utilisé pour les nouvelles plantations sur Jean Jaurès Libération à Grenoble.
La stérilité chez les animaux des hybrides s'explique au niveau du nombre de Chromosomes différent entre le mâle et la femelle qui empêche leur descendant de reconstituer certaines paires.
Les plantes ont la capacité de procéder à des réarrangements chromosomiques pour obtenir un génotype normal avec des chromosomes correctement appariés.
Les différentes espèces d'arbres peuvent donc se mélanger. Cela relativise la traditionnelle notion d'espèce de Linné définie par l'interfécondité des individus.
(Sources : l'arbre Au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
Voir le planning de taille des arbres de la semaine.

5 octobre 2017

Petite chronique :
Les biofilms : vous connaissez probablement, ces ensembles d'organismes unicellulaires que l'on trouve dans la bouche et le tube digestif des animaux et de l'homme (flore intestinale). Dans les secteurs alimentaires et hospitaliers ils sont craints pour la contamination des surfaces des installations et constituent un véritable problème de santé publique. Ces contaminations sont à l'origine de deux types d'infections, alimentaires et nosocomiales.
Les biofilms naturels sont surtout composés d'algues et de bactéries pour les surfaces éclairées ou exondées, mais ils sont quasi exclusivement constitués de bactéries (dont photosynthétiques) et de champignons au sein du biofilm qui colonise les sédiments ainsi que les feuilles ou les bois immergés.
Surtout en zone tropicale, mais aussi en climat tempéré, un biofilm algal et bactérien, fongique et/ou lichénique existe sur les feuilles des arbres, les écorces et les racines. Le biofilm bactérien et fongique se développe en été " en épiphyte " et prépare la bonne décomposition des feuilles avant même qu'elles ne tombent (à l'automne en climat tempéré, toute l'année en zone équatoriale).
Au niveau de la phyllosphère (les feuilles), un seul arbre abrite quelques centaines d'espèces fongiques. Elles vivent soit à la surface des feuilles, soit à l'intérieur des tissus foliaires dans les espaces intercellulaires.
Certaines des bactéries qui forment ce biofilm deviennent dans certaines circonstances (stress, gel, piqure d'insectes, etc) pathogènes (rouilles, tavelure, anthracnoses...), c'est le cas par exemple d'une bactérie de forme allongée un pseudomonas commun (Pseudomonas syringae) dont certaines souches provoquent une maladie mortelle chez le marronnier (maladie émergente).
Les champignons aériens sont loin d'être tous pathogènes et certains jouent un rôle positif sur la santé de l'arbre. On parle de mutualisme. Des champignons limitent les attaques d'insectes par la production de substances toxiques ou freinent les infections par d'autres champignons pathogènes. Ils peuvent également augmenter la résistance à la sécheresse.
(Sources : l'arbre Au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
Voir le planning de taille des arbres de la semaine.

29 septembre 2017

Petite chronique :
Jusqu'en 2013, le nombre d'espèces d'arbres sur terre évoqué par la presse scientifique variait de 60000 à 100000 suivant les estimations. L'homme aime les chiffres et la précision qui permettent de juger des évolutions. Aujourd'hui, grâce au travail de milliers de botanistes sur des siècles, un inventaire quasi définitif a été publié en avril sous la direction du Botanic Garden Conservation International (BGCI). Ce sont ainsi 60065 espèces d'arbres qui représentent 20% des plantes recensées. Mais qu'est-ce qu'un arbre? Ils se sont fondés sur la définition donnée par l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), à savoir : « une plante constituée de bois avec habituellement un seul tronc poussant à une hauteur d'au moins deux mètres, ou, s'il y a plusieurs troncs qu'au moins l'un d'eux fasse cinq centimètres de diamètre à hauteur de poitrine d'homme ». La frontière avec certains arbustes est ténue, peu consistante, et les botanistes ont mis du temps à en écarter ou en introduire comme le noisetier. Les palmiers Arecaceae ont été considérés comme des arbres avec 1282 variétés dénombrées.
Si l'on remonte la classification de Linné (famille, genre, espèce, variété), 45% des espèces d'arbres appartiennent à 10 familles avec en tête les légumineuses (leguminosae) pour 5405 espèces dont le mimosa et le robinier, puis les Rubiaceae, les Myrtaceae, les Lauraceae...
La répartition géographique est également inégale, l'Amérique du sud hébergeant le plus d'espèces, 8715 pour le Brésil, 5776 pour la Colombie, 4656 au Venezuela... D'autres régions du monde comme l'Indonésie avec 5142 espèces, la Malaisie (4993) et la Chine (4635) sont richement diversifiées.
Pour les arbres endémiques (qui ne poussent que sur un territoire), l'Amazonie est suivie de Madagascar et de l'Australie.
Certains arbres prolifèrent quand d'autres luttent pour ne pas disparaitre. Ainsi la moitié de l'Amazonie est constituée de 227 sortes d'arbres dont l'hévéa quand les milliers d'espèces beaucoup plus rares n'occupent que 0.12% de la surface. Les botanistes ont ainsi pu déterminer que sur les 20000 espèces dont on a pu évaluer la population dans le monde, 9600 sont menacées d'extinction et 300 sont au bord de la disparition avec moins de 50 individus recensés.
375500 végétaux décrits à ce jour par la science.
Le groupe des Angiospermes se décompose en 406 familles, 14038 genres et environ 352000 espèces.
Les Gymnospermes ne comprennent que 14 familles, 88 genres et environ 1000 espèces.
Les Bryophytes (mousses) sont classées en 165 familles, 1473 genres et environ 20000 espèces.
Les Ptéridophytes (fougères) sont classées en 35 familles, 568 genres et environ 13000 espèces
Source : Sciences & Avenir d'août 2017
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6 septembre 2017

Petite chronique :
93% des causes de la déforestation sont d'origine agricole. On ne coupe que très peu la forêt pour faire du bois d'oeuvre ou du papier. Dans la grande majorité des cas c'est pour planter du maïs, du soja, des palmiers à huile ou faire de l'élevage. Dans 60% des cas (selon la FAO) c'est un groupe agro-industriel et dans 33% un fermier indépendant qui va acquérir une parcelle forestière ou un milieu naturel intact. Il va alors raser la végétation, couper tous les arbres, ne vendre que les plus précieux et brûler le reste pour faciliter l'accès aux engins agricoles pour la culture ou la récolte, selon les principes d'agriculture intensive développés à la sortie de la deuxième guerre mondiale. Tout l'écosystème est perturbé, le sol retourné, compacté. Afin d'assurer du rendement il aura recours à des intrants chimiques et de l'irrigation, sur le modèle des immenses exploitations intensives Américaines, Australiennes ou même en Beauce en France.
De nombreux exemples attestent de l'hérésie financière de telles pratiques, surtout en région tropicale où les pluies délavent les sols et emportent la matière organique nécessaire aux cultures. Les sols sont alors asséchés par les vents et les cultures brûlées par le soleil. Au Pérou, les producteurs de cacao de l'Alto Huayabamba produisent 1,5 à 2 tonnes de cacao à l'hectare 100% en bio, et suivant des modèles agroforestiers. C'est un rendement très élevé, de 30% à 50% de plus que les producteurs conventionnels de cacao de la même région qui mettent 3 tonnes d'engrais à l'hectare. Ces résultats s'expliquent par le fait que le cacao est une plante d'ombrage, comme le café et que ces cultures profitent des apports des arbres. L'agroforesterie consiste à combiner la plantation ou la conservation d'arbres au sein de cultures agricoles. L'arbre puise des minéraux dans les couches inférieures du sous-sol, les remonte jusqu'à ses feuilles qui vont les apporter au sol en surface en tombant. Certains arbres peuvent également capturer l'azote présent dans l'air. Leurs racines décompactent les sols et quand le chevelu meurt (comme les feuilles) il laisse des cavités propres à stocker de l'eau et à aérer le sous-sol. De plus, la canopée ralentit les gouttes d'eau lors de fortes pluies, protégeant les sols de la battance mais également de l'érosion et des ruissellements. Quand certains ne voient que concurrence pour la lumière, l'accès à l'eau, et aux éléments nutritifs, d'autres voient complémentarité, coopération et non compétition, services rendus à la culture, entretien du sol et des équilibres grâce à la biodiversité. Par ailleurs si ces arbres sont des fruitiers ils apportent à l'exploitant un revenu complémentaire non négligeable. En Indonésie, planter 10 avocatiers sur un hectare de café permet de doubler le revenu du fermier sur 5 à 7 ans. Il en est de même lorsque l'on plante des arbres dans des champs de cacao, de thé, de riz ou d'ananas.
(Source : Tristan Lecomte « Et si on remontait dans l'arbre » Editions La mer salée. Tristan Lecomte, fondateur d'Alter Eco et de Pur Projet, parcours le monde afin de mettre en oeuvre des projets de compensation carbone pour de grandes entreprises. Pur Projet a planté 5 millions d'arbres en 8 ans)
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27 juillet 2017

Petite chronique :
Earth Overshoot Day ou le jour du dépassement de la terre, date de l'année où, théoriquement, les ressources renouvelables de la planète pour cette année ont été consommées. Au-delà de cette date, l'humanité puise donc dans les réserves naturelles de la Terre d'une façon non réversible. Du 31 décembre en 1986, il est passé au 8 aout l'an dernier et est annoncé pour mercredi prochain 2 août en 2017... Le « non réversible » de la définition Wikipédia nous ramène à la déclaration des scientifiques au congrès géologique international : Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique, l'anthropocène qui remplace l'holocène. C'est Paul Crutzen, chimiste et prix Nobel néerlandais, qui a imaginé ce nom en 2000. Selon lui, cette "ère de l'homme" consiste en un nouvel âge géologique marqué par la capacité de l'humain à transformer la Terre. Jusqu'à la moitié du XXème siècle, l'homme n'avait aucun impact irréversible sur la biodiversité et le climat. Mais les choses ont changé. Nous les humains, et particulièrement les occidentaux, sommes en capacité de modifier durablement l'évolution de la planète.
En cette période de congés où nous assistons à une vague d'incendies de forêt rarement connue, rassurez-vous, c'est une petite lumière d'optimisme que je souhaite apporter aujourd'hui. Ce n'est pas l'histoire du colibri qui fait sa part de travail devant l'incendie mais d'autres histoires, celles d'Abdul Karem et de René Haller :
Nombreux d'entre nous connaissent la nouvelle de Giono « l'homme qui plantait des arbres ». Elle a inspiré plusieurs actions de la société civile à travers le monde, plus ou moins importantes, portées par des associations ou des individualités, notamment en bordure des déserts.
-Abdul Karem souhaitait démontrer dans un endroit complètement dénudé que la nature peut être régénérée lorsqu'on s'y attache avec détermination. En 1977 il achète un lopin de terre de 2 hectares en Inde au Kerala et plante ses premiers sujets acheminant l'eau sur une distance importante. Il y eu des tâtonnements et des vicissitudes mais en 1982 il achète 11 hectares de terre supplémentaires et diversifie ses plantations. Cinq ans plus tard il commence à remarquer une augmentation de la disponibilité en eau dans les puits alentours. Il réalisera de petites mares pour inciter les oiseaux et autres animaux à s'installer dans sa forêt et ainsi créer un équilibre. Aujourd'hui elle reçoit les visites de chercheurs d'universités Indiennes mais également d'Europe et des Etats Unis.
-René Haller a créé la forêt de Baobab Farm près de Mombassa au Kenya. Sur une carrière abandonnée de corail nu, soumise à une insolation intense, sans aucun sol, il eut l'idée après de nombreux essais de plantation d'arbres, de réintroduire le mille-pattes noir et rouge du Kenya pour transformer les feuilles mortes et initier ainsi la formation d'humus, substrat de départ pour toute une succession forestière...
Ces différentes actions de passionnés, démontrant les interactions au sein de la nature, nous montrent que l'homme peut aussi aider la nature à se réparer, « s'il s'y attache avec détermination ».
Voir le planning de taille estivale des arbres de la semaine.

21 juillet 2017

Nous avons coupé en urgence un platane sur le cours de la Libération mardi dernier. Cet arbre a séché très brutalement et montrait une certaine instabilité. Une pourriture interne a été décelée en partie basse mais nous devons faire des investigations complémentaires pour expliquer ce dépérissement brutal.

Petite chronique
Nous avions évoqué quelques semaines en arrière la fabrication du bois par le cambium. Vers l'intérieur, les cellules « méristématiques » ajoutent chaque année une couche de bois qui recouvre le cerne de l'année précédente avec une circonférence légèrement supérieure. Ce même cambium produit vers l'extérieur l'écorce interne ou vivante qui repousse l'écorce morte, le rhytidome. L'écorce morte n'est pas (ou peu) élastique et pourtant, un peuplier qui croit de 40 cm de diamètre à 44 cm en une année va augmenter sa circonférence extérieure de 13 cm (138cm-125cm). Suivant les variétés et l'âge des arbres, nous assistons à deux principaux phénomènes, des écorces qui se crevassent comme sur les chênes, peupliers, marronniers, ou des écorces qui s'exfolient en plaques comme sur les platanes. Les premières peuvent devenir très épaisses alors que les secondes restent fines. Cette année nous assistons en France sur la plupart des platanes à une forte chute des rhytidomes de platanes qui laisse apparaitre la couleur clair de l'écorce sous-jacente. Une année pluvieuse favorable à la croissance des arbres, suivie d'une année à fortes chaleurs favoriserait ces chutes plus importantes. Il n'y a donc pas de dépigmentation comme un vitiligo humain, juste la nature qui se régénère. Certains arbres d'ornement sont cultivés pour l'aspect décoratif de leur écorce induit par cette exfoliation.
Les écorces sont ou ont été exploitées à de nombreuses fins, le liège, l'aspirine, le tannage des cuirs... L'écorce des boulots était utilisée en sous toiture sous les mottes de terre enherbée des maisons d'Europe du nord et pour l'enveloppe des canots des Amérindiens du Canada.
Enfin, dans une prochaine chronique nous reviendrons sur ces écorces qui ont fait l'objet de plusieurs études sur la bioaccumulation de métaux toxiques comme le plomb et l'arsenic au cours du temps. Intuitivement tout le monde le pense mais il a été mesuré une diminution de plomb, zinc et cuivre dans les écorces avec l'augmentation de la distance à la route et la hauteur par rapport au sol.
Voir le planning de taille estivale des arbres de la semaine.

13 juillet 2017

(Frédéric Petitjean pour cette semaine)
Les insectes ont-ils tué les dinosaures ?
Les spermaphytes sont l'ensemble des végétaux qui se caractérisent par la présence d'organes femelles (ovule) qui se transformera en graines après fécondation par le pollen.
Ils comprennent :
  • Les gymnospermes : plantes sans vraie fleur, dont les graines sont nues. Aujourd'hui principalement composé de conifères (et fougères arborescentes), ils représentent 1000 espèces (200000 au jurassique et crétacé) et sont anémophiles : le transport du pollen est assurée par le vent.
  • Les angiospermes sont les plantes à fleurs (plus de 300000 espèces référencées). Ils sont entomophiles : leur pollinisation est assurée par les insectes.
  • Apparus au crétacé supérieur (-125 millions d'années).
Les angiospermes ont donc gagné au fil des temps géologiques du terrain sur les gymnospermes...
Jusque-là tout est scientifique...
Le jurassique... cela n'est pas sans vous rappeler un certain film américain... C'est en effet la période (avec le crétacé) des dinosaures...
On trouve ça et là quelques hypothèses (pas toujours très scientifiques et sans réelle preuve en tous les cas à ce jour... je vous passe les météorites et autres attaques extraterrestres...) sur la disparition des dinosaures et notamment la suivante.
La grande durée de vie des dinosaures - de 75 à 300 ans - les aurait empêchés de s'adapter rapidement aux nouvelles conditions environnementales et notamment au développement des angiospermes. Un certain nombre d'angiospermes contient des substances psychotropes (des alcaloïdes aromatiques à base d'acides aminés). De nos jours, les mammifères herbivores ne les consomment pas car ils n'apprécient pas leur goût amer. D'où une hypothèse selon laquelle les dinosaures, incapables de goûter l'amertume de ces plantes, et dépourvus d'un système de détoxification au niveau du foie, périrent d'overdoses massives.
Ou comment les insectes pollinisateurs grâce aux fleurs ont tué les dinosaures...
Voir le planning de taille estivale des arbres de la semaine.

7 juillet 2017

Je sollicite une nouvelle fois votre mansuétude pour une information non transmise, la coupe des arbres rue Lesdiguières.
Ce n'est pas volontaire et je vous présente mes excuses. Le chantier est suivi par la Métropole et nous nous contentions jusqu'à présent de ne fournir que les informations de gestion des arbres que nous conduisons en tant que Ville de Grenoble. Autant le technicien qui me fournit le calendrier et les mises à jour que moi n'avions pas l'information. J'espère que cela ne se reproduira pas.
C'est l'état sanitaire des arbres et leur emplacement sur la ligne de séparation de deux places de stationnement qui nous ont conduits à demander à nos collègues de la Métropole de prévoir le remplacement de ces arbres dans leur chantier d'aménagement. Ces arbres avaient été fortement fragilisés par la tempête de neige de 2012, certains coupés le dimanche même, notamment l'un tombé sur l'abri bus... Aussi des séquelles étaient visibles dans leur houppier. Par ailleurs, la compaction des sols par le stationnement au plus près des troncs nous laissait entrevoir des pourritures racinaires, avec les risques qui en découlent. Toutefois, avant le lancement de Coeur de villes Coeur de Métropoles, nous n'avions pas prévus d'intervenir dans l'immédiat. Cependant, nous avons eu du mal à envisager de revenir dans moins d'une dizaine d'année pour détruire l'aménagement qui va se réaliser, afin de recréer des fosses de plantations et planter de nouveaux arbres. C'est pourquoi, en lien avec la métropole, cette décision de privilégier l'avenir au présent a été validée :
Treize tilleuls ont été coupés et un érable sans avenir risque d'être également coupé dans un second temps au niveau de l'accès au parking Hoche. En remplacement, ce sont 29 sujets qui vont être plantés au cours de l'hiver prochain avec un éloignement du stationnement de leur pied. chênes sessiles (= rouvres) fastigiés entre Agutte Sembat et Verdun portion qui était dépourvue de plantations et chênes à feuilles de laurier ('Quercus imbricaria') entre Championnet et Gambetta, quelques frênes entre Gamgetta et Agutte Sembat.
Je joins le plan de plantation qui peut subir encore quelques modifications si nous avons des surprises au niveau du sous-sol pour les personnes plus concernées par ce secteur.

Vous noterez sur les deux dernières semaines de juillet une taille architecturée des tilleuls de l'avenue Albert 1er de Belgique. En accord avec nous, cette taille est directement commanditée par nos collègues du service gestion du patrimoine naturel et arboré à l'entreprise titulaire de leur marché d'entretien. Le chantier sera suivi et payé par la Métropole.

Petite chronique de l'arbre :
Nous avons écrit à propos des espèces pionnières mais quelles sont les autres et leurs stratégies ?
Peter Wohlleben, forestier, aime à parler des hêtres, nombreux dans les forêts de son district allemand de l'Eifel. Ces hêtres se contentent de peu de lumière pour se développer, profitent de l'assistance de leurs congénères à proximité et patientent des années avant de dominer leurs voisins, souvent après la disparition de leur mère libérant l'accès à la lumière. Ils vont donc se développer doucement. Ces arbres à croissance lente comme les chênes également sont appelés arbres d'avenir car ils développent une structure solide et apte à résister au temps. Ils sont caractérisés par des cycles de reproduction longs et une production peu importante de graines.
Alors que les graines des espèces pionnières sont très légères pour s'envoler, sans grandes réserves pour germer, les faînes, plus lourdes, ne peuvent compter que sur les mulots sylvestres, geais, écureuils et autres rongeurs pour s'éloigner un peu de leur génitrice. Aussi la conquête de nouveaux territoires s'avère longue. En compensation les réserves de substances nutritives dont dispose la graine lui permettent douze mois d'autonomie. Plus tard, pour produire un kilogramme de bois il lui faut 180 litres d'eau alors qu'il en faut presque 300 litres pour la plupart des autres espèces. Tandis que les pionniers gagnent en hauteur, les arbres du futur élaborent des structures qui formeront les piliers de la forêt mature et sur lesquels viendront s'amarrer les lianes et épiphytes.
Enfin, ces arbres patients, finissent par dépasser en hauteur nombre de leurs concurrents. Ils filtrent alors la lumière s'en gardant la meilleure part condamnant nombre d'espèces de moindre hauteur. Il aura fallu au hêtre pour atteindre sa taille adulte au bout de 150 ans, bâtir une quantité de sucre et de cellulose équivalente à un hectare de blé pour édifier son tronc.
(source : la vie secrète des arbres Peter Wohlleben)

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30 juin 2017

Petite chronique de l'arbre :
Semaine dernière j'ai évoqué les espèces pionnières mais je ne résiste pas au désir de partager un peu plus leurs stratégies physiologiques. Ainsi, l'écorce du bouleau devient très dure dès qu'elle éclate en formant des crevasses noires et ses tissus sont gorgés d'huiles essentielles au goût fort désagréable pour les herbivores. La couleur blanche est due à la bétuline aux propriétés antivirales et bactéricides exploitées par l'industrie pharmaceutique. En outre, cette couleur réfléchissant la lumière protège le tronc des coups de soleil.
Les feuilles de tremble ont la particularité d'assurer la photosynthèse sur les deux faces alors que celles des autres espèces consacrent la face inférieure à la respiration. La forme du pétiole de ces feuilles permet qu'au moindre souffle, alternativement les faces de ces dernières sont exposées à la lumière. Ces mouvements presque permanents ont donné son nom à cet arbre. Comme moyen de lutte contre les herbivores les peupliers ont particulièrement développé leur capacité de rejeter des racines. Ils peuvent être broutés et broutés de nouveau pendant des années, leur système racinaire continue de s'étendre multipliant les rejets. C'est ainsi qu'une forêt de l'Utah héberge un Faux Tremble de plus de 40000 troncs sur 43 hectares. L'âge de cet «organisme» qui ressemble à une forêt est estimé à plusieurs milliers d'années.
(source : la vie secrète des arbres Peter Wohlleben)

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22 juin 2017

Petite chronique de l'arbre :
J'avais évoqué dans une chronique la solidarité qui peut exister entre les divers individus d'un boisement. Cette solidarité ne peut fonctionner pour les plantations urbaines d'alignement, c'est pourquoi Peter Wohlleben ose une analogie avec les enfants des rues. Toutefois les stratégies de conquête des espaces sont très variables suivant les essences. Nous avons les espèces pionnières fondamentalement individualistes qui grandissent loin de leur mère et de la forêt. Leurs graines sont adaptées aux déplacements importants pour aller conquérir l'espace dégagé d'un paysage remanié. Ainsi, petites et enrobées de bourre ou munies d'ailettes elles parcourent des kilomètres portées par des vents chauds ou une vigoureuse tempête. Ces espèces seraient-t-elles plus adaptées aux stations urbaines ?
Elles détestent l'ombre et poussent très vite. Le tremble, le bouleau verruqueux, le saule marsault font partie de ces pionniers pressés qui font des pousses annuelles de plus d'un mètre quand celle d'un hêtre ou d'un sapin à l'ombre de ses aînés n'est que de quelques centimètres. Ces championnes de rapidité sont aptes à la reproduction pour conquérir de nouvelles terres en 10 ans. Elles développent des stratégies de défense contre les herbivores, épines, huiles essentielles, activées en permanence car elles ne peuvent compter sur des alertes ou sur l'effet du nombre. Ces espèces dépensent beaucoup d'énergie pour assurer en même temps cette croissance accélérée et cette protection permanente. Elles se donnent à fond et passé les trois premières décennies l'épuisement s'installe, la croissance diminue, la capacité à se défendre contre les champignons également. Attention à toute coupe de branche qui ouvre la porte aux spores de ces derniers. Ces espèces sont donc peut longévives et ne permettent pas un investissement sur le long terme. Des peupliers de Simon en vogue à la fin des années 70 pour leur croissance rapide avaient été plantés en alignement sur l'avenue Malherbe à Grenoble. Au court de leur troisième décennie les dépérissements se sont succédés année après année, conduisant au renouvellement de l'ensemble de ces deux rangées d'arbres par des liquidambars.
(source : la vie secrète des arbres Peter Wohlleben)

16 juin 2017

Petite chronique :
Dans la profession il est courant de dire que les résineux acidifient les sols et limitent la végétation.
Tous les arbres, feuillus et résineux acidifient le sol et cela leur permet d'altérer les roches pour absorber les éléments minéraux ainsi libérés. Grâce aux sécrétions acides des racines, des mycorhises et bactéries associées les arbres parviennent à solubiliser et rendre absorbables calcium, phosphore, potassium, magnésium...
La respiration racinaire prélève de l'oxygène et libère du CO2. L'absorption des cations nutritifs (Ca²+, Mg²+, K+, NH4+) s'accompagne d'une excrétion de protons (ionsH+) qui acidifie le milieu.
Les organismes du sol qui décomposent les litières et racines mortes libèrent également des acides organiques. Certaines litières constituées de feuilles coriaces sont plus acidifiantes que d'autres. Ainsi, l'épicéa est plus acidifiant que le sapin, lui-même plus que le hêtre qui devance dans ce domaine le chêne.
Peu de sols en France sont sensibles à une acidification. Il s'agit de sols déjà très acides (PH<4,2), lessivés ou compactés.
La sylviculture est beaucoup plus influente que l'essence. Historiquement les résineux, plus frugaux que les feuillus ont été plantés de préférence sur les sols pauvres et acides. Par ailleurs, longtemps les plantations très denses confisquaient la lumière au niveau du sol. On sait que la lumière permet une élévation de la température et une augmentation de l'activité biologique du sol. La structure de celui-ci et son PH sont améliorés, une flore herbacée et un sous-bois réapparaissent. La minéralisation de la litière permet ainsi de retrouver des sols proches de ceux des forêts de feuillus.
(Source : L'arbre, au-delà des idées reçues DRENOU C.)

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9 juin 2017

J'avais évoqué lors d'un message précédent la plantation d'arbre mais uniquement sous l'angle de sa taille et j'ai omis de parler du tuteurage.
Bien que nous ne soyons plus en période de plantation je souhaite corriger cet oubli car le tuteurage est un élément qui nécessite une attention particulière et cela constitue un sujet moins compliqué que la circulation des sèves dans l'arbre. La plantation d'un arbre se décompose en plusieurs actes, trouver un lieu adapté (" le bon arbre au bon endroit "), préparer le sol ou réaliser une fosse de plantation avec apport de terre ou de mélange reconstitué, ouverture d'un trou de plantation qui permette un bon étalement des racines ou une bonne position de la motte, préparation des systèmes racinaires et aériens (que nous appelons " habillage "), la plantation elle-même, la protection du tronc et le tuteurage.
Le tuteur est le meilleur et le pire des amis de l'arbre. Soumis au vent le jeune arbre ne pourra assurer seul son maintien vertical par rupture de cohésion entre ses racines ou la motte, et le sol. Aussi, cette stabilité sera fournie par les tuteurs. Toutefois les sollicitations du vent transmises aux racines favorisent le développement de ces dernières, tout en ralentissant la croissance en hauteur de l'arbre. Aussi, au Royaume Uni le tuteurage bas est privilégié pour renforcer le tronc. Par ailleurs, il faut éviter tout frottement du tronc contre un support (tuteur ou planche de liaison) qui arracherait l'écorce. C'est pourquoi, plusieurs tuteurs avec des liens souples sont préférables aux simples ou doubles tuteurs. À Grenoble nous préconisons un triple ou quadruple tuteurage. Les tuteurs de grosse dimension protègent également les sujets de vandalisme volontaire ou accidentel. Néanmoins, au bout de deux à trois ans il faut supprimer les attaches afin que l'arbre assure lui-même sa stabilité. Tout au long de cette période de tuteurage, les attaches devront être vérifiées régulièrement pour éviter les étranglements du tronc.
D'autres systèmes de stabilisation de l'arbre peuvent être utilisés. Le haubanage par des filins aériens attachés à des pieux à quelques mètres du tronc, efficace mais source d'accident de piétons voire même de cycliste dans certains cas. Intéressant pour les très gros sujets et pour ceux " branchus " de base. L'ancrage de motte répond au besoin de laisser les contraintes externes favoriser le développement racinaire et à des souhaits d'esthétisme mais est complexe à mettre correctement en oeuvre. Différents types d'ancrage de motte ont été testés sur Grenoble, notamment pour les Liriodendrons (Tulipiers de Virginie) plantés le long de la troisième ligne de tramway sur les grands boulevards. Certains ont été blessés au collet par les sangles provoquant des ruptures, d'autres se sont inclinés car la motte a légèrement basculé, probablement à cause d'une tension insuffisante ou un décrochage des ancres.
(Source : L'arboriculture urbaine Maillet M. Bourgery C.)
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1er juin 2017

J'attire votre attention sur la taille des arbres le long du tram avenue Général Champon. Nous devons consigner le tram (coupure électrique pour assurer la sécurité) et de ce fait travaillons de nuit avec un horaire pour les agents de 22 heures à 5 heures du matin. Nous prévenons les riverains en amont.
Petite chronique :
Les feuilles attirent l'eau vers le haut par transpiration grâce à l'énergie solaire, l'eau est en tension. Cependant la nuit, ou encore quand il fait trop chaud, les stomates se ferment. Par ailleurs, pour les arbres caducs dépourvus de feuilles en hiver, on peut assister à des écoulements de sève lors des tailles de printemps. Lorsque le sol est suffisamment humide, les entrées d'eau dans les racines par osmose continuent mais les sorties sont stoppées. La pression augmente et est appelée poussée racinaire. Au printemps, de nombreux arbres transfèrent une partie de leurs réserves en amidon dans les vaisseaux ce qui augmente la concentration de la sève en sucres et donc ce phénomène d'osmose. L'eau est sous pression. On peut ainsi récolter le sirop d'érable ou la sève de bouleau.
J'ai évoqué l'ascension de la sève brute dans les arbres mais qu'en est-t-il de la descente de la sève élaborée ? Nous pourrions penser qu'elle s'écoule par gravité mais il n'en est rien. Elle est beaucoup trop visqueuse, il faut la pousser et c'est lentement qu'elle va progresser à la vitesse de 50cm à l'heure alors que le flux de sève brute atteint 6 mètres à l'heure. Cette importante différence de vitesse s'explique également par le diamètre des tubes situés juste sous l'écorce externe dans le phloème. Il n'est que de 5 à 100 microns selon les espèces, alors que les vaisseaux du xylème des feuillus utilisés par la sève brute varient de 50 à 700 microns. De plus, ces vaisseaux du xylème des feuillus sont totalement ouverts (les parois transversales des cellules empilées pour leur confection ont disparues) alors que dans les tubes de descente de sève élaborée les parois transversales des cellules persistent et ne laissent comme points de passages que des pores appelés "cribles". Cela ralentit considérablement le transport des sèves. (Les résineux sont pourvus de "trachéides" pour conduire la sève brute. Ces éléments conducteurs sont également encombrés des parois transversales des cellules constitutives pourvues de pores appelés dans ce cas "ponctuations".)
La sève élaborée circule toujours des organes riches en sucres vers ceux qui en ont besoin, de manière descendante mais aussi transversale. Les sucres sont régulièrement déchargés dans les organes à nourrir tout au long de la descente vers l'extrémité des racines.
Les pressions osmotiques et hydrostatiques, qui permettent ces transferts dans les milieux de moindre pression et moindre concentration en sucres, consomment de l'énergie.
(Sources : INRA Clermont-Ferrand & Christophe Drénou)
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26 mai 2017

Je vous avais promis d'évoquer la circulation de l'eau dans les arbres. Pour comprendre comment un hêtre adulte peut pomper jusqu'à 500 litres d'eau par jour à partir d'un sol "ressuyé" il serait nécessaire de se plonger dans les lois de la physique, ce que nous ne ferons pas. Toutefois, sans entrer dans la physique de base il est important de savoir que cela résulte d'un ensemble de propriétés de l'eau extraordinaires, très importantes pour la biologie. Liquide à température ordinaire, la molécule d'eau est polarisée, (côté atomes d'hydrogène positifs et côté atome d'oxygène négatif), ce qui induit une forte cohésion. L'eau fait preuve d'une forte tension superficielle, de forte adhésion, c'est un excellent solvant, et elle présente une forte chaleur latente de vaporisation (c'est-à-dire qu'il faut dépenser autant d'énergie pour la vaporiser que pour élever sa température de 0 degrés C à 600 degrés C et cette vaporisation est assurée au niveau des feuilles).
Le principal moteur de l'ascension de l'eau dans l'arbre est l'évaporation foliaire qui aspire la sève vers le haut à travers différents tuyaux suivant qu'il s'agit de résineux dotés de trachéides, ou de feuillus à zones poreuses comme le chêne ou à pores diffus comme le bouleau.
Tout d'abord, c'est le phénomène d'osmose qui assure le passage de l'eau de manière automatique d'un milieu moins concentré en substances dissoutes (le sol) vers le milieu plus concentré, la racine où elle progresse dans les tissus jusqu'aux "tuyaux" du xylème. Là le transport passif de l'eau et des ions ne suffit plus et l'arbre opère un pompage actif par capillarité exerçant une tension sur cette sève brute de plus en plus forte, de -1 bar dans les racines à -7 bars dans les feuilles pour atteindre -500 bars au moment de la vaporisation.
Sur la face inférieure des feuilles sont situés les stomates (ouvertures contrôlées sur l'extérieur) avec une chambre sous stomatique dans laquelle se produit le passage de fines pellicules d'eau qui entourent les cellules dans les espaces intercellulaires nommés lacunes. Des micros surfaces de quelques dizaines de nanomètres sont en interface avec l'air. Les forces de capillarité sont ici très fortes, suffisantes pour obtenir une colonne d'eau de 120 mètres de haut. L'énergie solaire induit la transpiration qui fait se rétracter la pellicule d'eau interne, ce qui a pour conséquence de tirer la colonne d'eau du xylème.
Je suis rapidement passé des racines aux feuilles sans évoquer ce qui se passe dans les vaisseaux. La capillarité résulte de la force d'attraction de l'eau vers les parois d'un conduit. Plus le conduit est étroit et plus l'eau monte spontanément. Le diamètre des vaisseaux est décroissant des racines vers la cime passant par exemple pour un érable de 155 nanomètres dans les racines à 55 nanomètres au collet pour se réduite à 46 nanomètres à 11 mètres de haut. Néanmoins malgré ces petits diamètres, les forces de capillarité ne permettent une ascension que de quelques mètres dans le tronc. La transpiration par les feuilles est donc le principal moteur mais quand les feuilles ne sont pas présentes ?
Ce sujet sera abordé à l'occasion d'une prochaine chronique avec les phénomènes d'embolie et le circuit de la sève élaborée.
(Sources : INRA Clermont-Ferrand & Christophe Drénou)
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22 mai 2017

Comment protéger les arbres des attaques de champignons lignivores (je ne parlerai pas des chancres comme le chancre coloré ni des champignons du feuillage comme les rouilles, oïdium) ?
Les principales dispositions sont la prévention. Il faut éviter toute blessure y compris de taille qui constituent les portes d'entrée et les contaminations secondaires. Désinfection des outils de taille, élimination du bois infecté, assainissement des sols gorgés d'eau favorables à l'armillaire et plantation dans ces zones de végétaux non sensibles à ce champignon.
Dans les années 80, des traités sur la chirurgie arboricole ont été édités avec des formations spécifiques mises en place et une entreprise spécialisée dans ces pratiques dispensait largement ses services. Les pourritures des arbres étaient curées jusqu'au bois sain, les cavités emplies de béton. Ces pratiques ont été rapidement abandonnées grâce aux recherches d'un scientifique Américain Alex Shigo qui a démontré qu'elles étaient plus destructives que favorables à l'arbre. De même les différents produits de protection des sections de branches coupées se sont montrés efficaces en boîte à pétri mais très rapidement défavorables sur le terrain après quelques cycles d'exposition à la pluie et au soleil.
Le tableau est bien noir mais que nous a enseigné Alex Shigo (1930-2006) ?
Il a mis en évidence les défenses naturelles mises en place par les arbres et, de ses observations, est né le concept de "compartimentation de la pourriture de l'arbre". Les ouvertures naturelles (perte de feuilles, fruits, brindilles ou racines) sont protégées par des zones de protection. Pour les ouvertures traumatiques, l'arbre met en place des barrières protectrices pour isoler les débuts de pourriture générée par les agents pathogènes et ainsi protéger ses réserves, le support mécanique, le système de transport des liquides et son assise génératrice de bois vivant. À partir des réserves autour de la plaie, une "zone de réaction" avec trois "parois" suivant les directions, est mise en place. Le cambium met en place une "zone de barrage" pour protéger le bois qui se formera après la blessure. Cette zone de barrage, quatrième barrière, est la plus efficace ce qui explique l'existence de nombreux arbres creux dont tout le bois de coeur a été dégradé et seules subsistent les cernes externes d'aubier. Cette barrière peut être traversée par certains champignons et c'est alors la lutte incessante entre le champignon qui tente de progresser et l'arbre qui met en place de nouvelles barrières. Les "chirurgiens" arboricoles détruisaient les parois de protection avec leurs rabots et ciseaux pour atteindre le bois sain après curage des pourritures, induisant une dégradation très rapide des arbres après traitement.
Il nous arrive à tous en voulant trop bien faire de commettre des erreurs.
(source : William MOORE, Voyage au centre de l'arbre)
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11 mai 2017

À l'occasion du précédent bulletin d'information j'ai évoqué très succinctement la grande diversité des relations arbres-champignons.
Certaines de ces relations sont "gagnant gagnant"» ou neutres, pour d'autres, notamment avec les champignons lignivores, l'arbre est perdant à plus ou moins long terme malgré les mécanismes de défense qu'il peut mettre en place.
La pénétration du champignon dans le bois vivant a généralement lieu grâce aux blessures provoquées par la rupture de branche, par l'action de rongeurs ou insectes foreurs mais surtout, en ville, par l'action humaine volontaire comme la taille et le vandalisme ou involontaire (travaux, accidents). Les spores, véhiculés par le vent, la pluie, les animaux, des outils, sont les principales formes de contamination, mais celles-ci peuvent également se faire par simple contact de mycélium avec l'hôte. Une fois installé, le mycélium se propage à des vitesses variables suivant l'agressivité de la variété du champignon ; les membranes des cellules sont digérées progressivement grâce à des enzymes spécifiques, ce qui aboutit à la formation d'une pourriture interne de différents types suivant si seule la cellulose ou seule la lignine ou les deux à la fois ont été décomposées. Quand les carpophores apparaissent, la pourriture interne est déjà bien avancée et si elle remonte d'une blessure racinaire, souvent aucun signe d'alerte n'a été décelé avant cette fructification. Le carpophore, organe de reproduction peut se présenter sous diverses formes, le « champignon » classique avec pied et chapeau comme l'armillaire, mais aussi avec un pied peu visible (langue de boeuf) ou sans pied (polypore soufré), le carpophore étant dans ce dernier cas accroché à l'arbre par son chapeau en partie ou totalité. 17 principaux "genres" de champignons actifs sont répertoriés en France avec certains comme les ganodermes qui n'attaquent que les feuillus, d'autres attaquant feuillus et résineux. Des agresseurs sont aptes à attaquer n'importe quelle zone de l'arbre (polypores), d'autres qu'une deux ou trois des quatre parties (racines, collet, tronc, branches).
Nous verrons dans une prochaine chronique les moyens de lutte. Globalement il n'y en a pas, aussi le gestionnaire préconise, suivant la vitesse de progression du champignon reconnu, l'abattage sécuritaire (ou la coupe des branches atteintes) dans un délai d'une à plus de dix années après la première fructification.
Il m'a également été proposé d'évoquer le cycle de l'eau dans l'arbre et notamment les mystères de son ascension à des hauteurs exceptionnelles. C'est un sujet passionnant à découvrir.
(Source : Phytoma)
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9 mai 2017

Les relations arbres et champignons sont très nombreuses, souvent insoupçonnées et surtout très diverses. Pour tous, le fruit du champignon, celui que nous ramassons pour nous régaler est la représentation que nous nous faisons de cet organisme vivant. En réalité, le champignon (lorsqu'il n'est pas unicellulaire) est un réseau complexe (le mycélium) de filaments (les hyphes) souvent invisible à l'oeil nu.
Ainsi au niveau des feuilles un seul arbre abrite quelques centaines d'espèces fongiques qui vivent soit à la surface des feuilles soit à l'intérieur des tissus dans les espaces inter-cellulaires. Il existe des formes parasites mais tous ne sont pas pathogènes et certains pratiquent l'entre-aide en limitant les attaques d'insecte par l'émission de substances toxiques par exemple.
Sous nos pieds, au niveau des racines des arbres, la symbiose entre l'arbre et le champignon est obligatoire. Le premier fournit les sucres photosynthétisés au niveau des feuilles, au second, et ce dernier en contrepartie explore le sol à grande distance des racines pour extraire de l'eau des éléments minéraux et de la matière organique. Il apporte la matière première, sève brute pour être rémunéré en matière transformée, la sève élaborée. Le nombre d'espèces de ces champignons appelés mycorhiziens est estimée à 10000. Certains entourent les racines et s'insinuent entre les cellules (ectomycorhizes), d'autres pénètrent ces dernières et s'y ramifient (endomycorhizes).
Nous avons les champignons lignivores, ceux que nous redoutons, nous gestionnaires. Leur mycélium s'attaque au bois de coeur, à l'aubier ou à la partie corticale, des branches, du tronc, du collet ou des racines. Nous reviendrons ultérieurement sur leur action.
Enfin les champignons saprophytes décomposent la matière organique et le bois mort au sol.
(sources: Christophe DRENOU l'Arbre, sciences et Avenir H.S., Phytoma)
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14 avril 2017

La face cachée des arbres, leur système racinaire, n'est pas symétrique du système aérien par rapport au niveau du sol et varie en fonction du contexte et des essences. Toutefois, pour simplifier le propos nous pouvons évoquer des constantes. La couche de sol la plus riche en éléments minéraux et en oxygène se situe dans les 60 premiers centimètres. Aussi, l'arbre émet un pivot central d'ancrage (évoqué dans la dimension des arbres à la plantation) puis des racines à croissance horizontale sont émises dans toutes les directions autour de ce pivot sur toute sa longueur. Parmi elles, certaines arrivent à se frayer un chemin et à s'allonger avec une stratégie d'évitement pour ne pas se concurrencer. Elles émettront ultérieurement de nouveaux pivots, seules racines programmées pour descendre et qui reviennent à la verticale lorsqu'elles rencontrent un obstacle. On peut compter une vingtaine de pivots sur un arbre adulte, ce qui est infime au regard des milliers de racines ligneuses à croissance horizontale. Contrairement aux pivots, les racines horizontales ne reprennent pas leur direction initiale lorsqu'elles sont déviées par un obstacle.
Enfin certaines racines horizontales remontent vers la surface à la recherche de ressources minérales ou d'oxygène dans les sols compactés. Certaines essences produisent même des racines ascendantes au-dessus du niveau du sol appelées pneumatophores en situation d'immersion dans les mangroves ou marécages. Au jardin des plantes de Grenoble, au niveau du petit pont Vicat en restauration actuellement, vous pouvez voir de telles racines au-dessus du sol émises par le cyprès chauve planté sur l'île.
Dans l'espace souterrain urbain hostile et très convoité pour de multiples enfouissements d'ouvrages, la gestion du système racinaire nous demande une attention particulière pour répondre aux besoins physiologiques de l'arbre et limiter les dégradations. Le soulèvement du sol par les racines qui ont trouvé oxygène et humidité au niveau de la condensation juste sous l'enrobé est limité par l'utilisation de mélange terre-pierre drainant. Les canalisations d'assainissement sont protégées par des dispositifs anti racine, des intrusions des microscopiques apex racinaires qui profitant de petites fissures pourraient développer des "renards" à l'intérieur. Enfin, pour le choix des arbres, au-delà de la prise en compte du développement aérien, les caractéristiques du système racinaire doivent être évaluées au regard du contexte. Mes propos simplifiés plus haut ne doivent pas gommer les différences de vigueur et de développement des racines suivant les variétés.
Nous reviendrons sur les racines prochainement car le sujet est riche.
(Source : L'arbre au-delà des idées reçues de Christophe Drénou)
Voir le programme d'élagage des arbres de la semaine.

7 avril 2017

J'hésitais à me lancer dans les explications sur la croissance des arbres et leur fonctionnement mais avec ces deux sections de tronc empruntées au livre de Raymond DURAND je pense pouvoir être compréhensible :

La section d'un tronc est une section de bâton de sucre. En effet, le bois de l'arbre est bâti à partir de molécules de sucres sous forme de cellulose.
En partant de l'extérieur nous avons l'écorce extérieure ou périderme=rhytidome. Cette écorce plus ou moins épaisse, liégeuse ou pas, suivant les espèces et l'âge, protège la partie vivante des différentes agressions d'insectes, champignons et bactéries. Juste au-dessous de ces tissus morts se trouve l'écorce interne ou liber dans laquelle circule la sève élaborée, c'est-à-dire l'alimentation fabriquée par les feuilles qui descend dans les différents organes. Des pressions importantes sur l'écorce peuvent gêner cette circulation de sève "descendante" d'autant plus quand le périderme est mince.
Plus à l'intérieur nous trouvons le cambium, fine couche de cellules méristématiques (comme des cellules souche) qui vont permettre la croissance de la plante en créant du bois à l'intérieur et de l'écorce vers l'extérieur.
En pénétrant encore un peu plus vers l'intérieur nous trouvons l'aubier appelé bois vivant mais dont certaines cellules ne vivent que quelques semaines.
L'aubier sert au transport de la sève brute des racines jusqu'aux feuilles, au stockage de réserves dans les rayons ligneux sous forme d'amidon, à la stabilité, à la défense contre des agressions, dernier rempart avant le bois de coeur ou duramen. L'aubier constitue la masse dynamique de l'arbre alors que le bois de coeur, tissus morts, constitue la masse statique utile au support, à la résistance mécanique.
L'aubier peut comprendre de 3 cernes pour certaines espèces à 169 cernes (si les sujets peuvent atteindre cet âge) pour l'acer pseudoplatanus.
Un choc de parechoc ou de portière de voiture ou encore celui d'une cloche de tondeuse peuvent très facilement atteindre et endommager le Cambium trésor fonctionnel de l'arbre situé juste sous l'écorce. Soyons tous vigilants.
(Sources : Les arbres de Raymond DURAND, William MOORE)
Voir le programme d'élagage des arbres de la semaine.

31 mars 2017

Réflexion sur les fruits :
De manière très artificielle et liée aux usages nous classons les arbres en trois catégories, les arbres d'ornement, les arbres forestiers et les fruitiers.
Les arbres fruitiers qui font leur grand retour dans les villes, s'entendent comme produisant des fruits de consommation courante comme les arbres nourriciers du jardin d'Eden. Le pommier du Caucase retrouvé dans des forêts des montagnes du Kazakhstan (malus sieversii) dont descendent tous les pommiers aujourd'hui illustre ces arbres préhistoriques nourriciers.
Tous les arbres ne font pas de fruits, c'est le cas des Gymnospermes appelés souvent résineux ou conifères dont fait partie le ginkgo. Les fleurs femelles ne produisent que des ovules non protégés. L'ovule donne la graine. La pomme de pin n'est pas un fruit.
Chez les Angiospermes (feuillus) cette ou ces graines sont protégées par l'ovaire, charnu comme la cerise, ou sec comme la châtaigne. C'est ce que l'on appelle fruit. Les fruits, consommables ou pas, revêtent de multiples formes : Samares de frênes ou disamares d'érables, strobiles de l'aulne, glands du chêne, baies comme l'orange (et oui, cela ne concerne pas que la tomate et la myrtille), drupes comme la cerise et la pêche mais aussi la noix, gousses pour le gléditsia... Enfin certains faux fruits comme la figue ou l'ananas sont un infrutescence, le regroupement de nombreuses fleurs.
Le fruit est issu d'une fleur femelle et tous les arbres ne portent pas de fleurs femelles.
Certains arbres sont monoïques (une seule maison) et possèdes des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même individu. D'autres sont hermaphrodites, les fleurs sont à la fois mâles et femelles avec pistil et étamines. Tous ces arbres portent des fruits lorsqu'ils sont feuillus (Angiospermes).
Une autre catégorie est constituée des arbres dioïques avec des mâles qui ne portent pas de fruits et des femelles. C'est le cas des saules et des peupliers par exemple. Quand on voit la bourre de peupliers voler, la pollinisation est terminée depuis longtemps et on ne peut pas accuser ces peupliers de notre allergie. Par contre effectivement le peuplier mâle est allergène (3 sur une échelle de 0 à 5). En résumé, seuls les arbres feuillus portent des fruits à condition que ce ne soient pas des individus mâles.
Et si vous me dites que les fruits des ginkgos femelles sentent très mauvais, je vous répondrai que ce ne sont pas des fruits mais des ovules et que j'ai glissé cette information dans ce texte touffu.
(Sources : Les arbres de Raymond DURAND, L'arbre au-delà des idées reçues de Christophe DRENOU)
Voir le programme d'élagage des arbres de la semaine.

24 mars 2017

Je vais vous parler aujourd'hui du lierre, toujours inspiré de l'ouvrage de Christophe DRENOU :
On a longtemps accusé le lierre de tous les maux. Il est parfois même dénommé "bourreau des arbres". Dans les faits, lierre et arbre peuvent se rendre service mutuellement.
Le lierre est l'unique représentant en Europe d'une famille de plantes tropicales, les Araliacées. Cette plante peut atteindre 30 à 40 mètres de longueur pour un diamètre à la base de 15 à 20 centimètres. Ce n'est pas un parasite mais une liane grimpante ou rampante. Ses crampons lui permettent de monter le long des troncs mais ne rentrent pas dans l'écorce. Il ne vit pas aux dépens de l'arbre, ne lui prend ni sève brute ni sève élaborée. C'est pourquoi il pousse tout aussi bien sur un mur que sur un arbre. Doté d'une croissance lente et verticale, il n'étrangle pas les arbres. Toutefois au sein de la profession, les avis sur son maintien sont encore souvent différents. Une Grenobloise amoureuse des arbres et de la nature me téléphone ou écrit au moins une fois par an pour s'offusquer du lierre qui grimpe dans les arbres à Grenoble. Je lui confirme nos pratiques dans le cadre de la gestion différenciée à savoir qu'il n'est pas admis en classe de gestion ornementale, limité à hauteur d'homme en classe classique et semi-naturelle et enfin libre de se développer quand nous sommes en gestion naturelle. Je lui rappelle les bienfaits de cette plante sans jamais la convaincre.
Bien sûr il y a quelquefois concurrence pour la lumière, notamment avec des arbres dépérissant, sans que le lierre ne soit responsable de ce dépérissement. Abondamment présent il peut aussi augmenter le risque de casse sur les branches par son poids et sa prise au vent en hiver. Il peut cacher à l'expert qui passe trop rapidement une blessure ou la fructification d'un champignon pathogène.
Par contre, il permet d'atténuer les coups de chaleur sur les écorces et les fortes gelées. C'est une source de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où les fleurs sont très peu nombreuses. De même il fructifie en décalé tôt en fin d'hiver pour le plus grand bonheur des oiseaux. Il offre ainsi le gîte et le couvert pour de nombreux auxiliaires comme les chrysopes.
Une forêt qui a du lierre a un meilleur rendement qu'une forêt qui en est dépourvue. C'est pourquoi l'ONF a changé également ses pratiques et protège cette plante.
Enfin, certaines études mettent en avant l'absorption et la destruction de solvants cancérigènes dont le benzène.
Voir le programme d'élagage et programme de plantation des arbres de la semaine.

17 mars 2017

Nous avons évoqué la semaine dernière les bourgeons. Il y en a de trois types, les bourgeons axillaires situés à l'aisselle des feuilles, les bourgeons terminaux à l'extrêmité des rameaux, les bourgeons adventifs à proximité des blessures. La ramification des racines s'exprime sans bourgeon.
Chez les feuillus les bourgeons axillaires sont systématiques, il peut même y en avoir plusieurs à l'aisselle de la même feuille. Chez les résineux ils sont le plus souvent optionnels n'apparaissant qu'en cas de nécessité.
Les bourgeons sont incapables de produire une feuille seule, c'est pourquoi les feuilles tombées ne repousseront pas au même endroit qui reste vide. Ils peuvent donner une fleur, (comme les fleurs de magnolias Soulangiana en ce moment), rester latents, mourir, ou émettre une nouvelle pousse feuillée. Ce sont ces nouvelles pousses feuillées qui chaque année augmentent le volume du houppier de l'arbre et le font reverdir.
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9 mars 2017

Les jardiniers ont terminé leurs plantations d'arbres, sauf les plantations en bordure de l'avenue Edmond Esmonin et de l'Avenue des Etats Généraux qui commencent et trois arbres sur le secteur 2 décalés pour raisons techniques.
Nous assistons tous, en ce moment au gonflement des bourgeons. Les arbres n'ont pas attendu cette saison pour se couvrir de bourgeons. Ces derniers sont complètement formés depuis la fin de l'été dernier. Ils sont entrés en dormance après fabrication des ébauches de feuilles, de branches, de fleurs, quand les rameaux ont été lignifiés. Leurs écailles imperméables et l'air emprisonné protègent du froid et du gel ces ébauches. Au printemps, avec l'augmentation de la température et de la lumière, certaines hormones de la plante sont activées. Les méristèmes des bourgeons se réveillent et recommencent à fabriquer des cellules. Les ébauches de feuilles, branches et fleurs grandissent, les écailles s'écartent, c'est le débourrement. Tous les bourgeons ne vont pas s'ouvrir au printemps, certains dominés restant en réserve pour prendre le relais si les dominants sont détruits (accident climatique, animal, taille...). Les dominances évitent un développement anarchique de trop nombreux rameaux et confèrent aux différentes essences leur architecture propre.
Voir le programme d'élagage des arbres mise à jour.

3 mars 2017

Le programme plantation de l'équipe "jeunes arbres" est pris un peu dans le désordre car sur Hoche (Cours des Amoureux, cours du Mikado) il faut déposer des pavés pour préparer les fosses.
Les jardiniers ont terminé leurs plantations d'arbres, sauf les plantations en bordure de l'avenue Edmond Esmonin et de l'Avenue des Etats Généraux programmées à partir du 13 mars.
J'ai évoqué semaine dernière les puits de carbone que sont les jeunes et les vieux arbres. La photosynthèse dont l'équation chimique est l'inverse de la respiration, enrichit l'atmosphère en oxygène, de la même façon qu'un vrai poumon recharge le sang du corps en oxygène.
Toutefois pouvons-nous affirmer que les grands parcs urbains et la forêt amazonienne constituent des poumons de la terre ?
Les forêts sont en quantité insuffisante pour renouveler la totalité de l'oxygène atmosphérique. De plus, la libération d'oxygène est le résultat d'un processus long et complexe tandis que les relargages peuvent être importants et brutaux comme l'a montré la canicule de 2003 ou lors d'incendies naturels ou provoqués. Le rôle de poumon de notre planète revient à des organismes beaucoup moins spectaculaires et médiatiques que les arbres : les cyanobactéries... il s'agit de micro-organismes unicellulaires chlorophylliens faisant partie du pictoplanton, probablement les organismes les plus nombreux sur terre, jusqu'à un million de cellules par litre d'eau. L'étendue d'eau représente 70% de la surface de la planète alors que les forêts jeunes et anciennes ne couvrent qu'un tiers des continents. Aussi, 80% de l'oxygène atmosphérique sont produits via les océans, mais cette production serait en baisse.
Voir le programme d'élagage des arbres mise à jour.


Voir le programme d'élagage des arbres mise à jour (25 novembre 2016).
Voir le programme d'élagage des arbres mise à jour (4 novembre 2016).
Voir le programme d'élagage des arbres (octobre 2016).


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